Published On:16-May-18

Trafic de tortue : L’extinction est à craindre

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Comme Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, mort au Kenya au mois de mars de cette année, une race peut s’éteindre ! A Madagascar, ce sont les tortues qui sont en train de diminuer d’année en année. Le mois d’avril 2018 dernier, environ 9 888 tortues radiées ont été saisies à Betsinjake, Toliara II. Ceci ne fait que refléter l’ampleur du trafic à Madagascar. Le rapport de TRAFFIC, un programme conjoint de WWF et de l’UICN, a sorti en 2015 la saisie de 11.363 tortues radiées entre 2000 et 2014. Il ne s’agit que les saisines, notons bien les saisines, mais combien de ces espèces protégées filent entre nos mains pour s’acheminer vers les marchés illégaux d’espèces sauvages. Selon Nanie Ratsifandrihamanana, directeur au WWF Madagascar, la population de cette espèce était estimée à 12 millions d’individus dans les années 1990, pour passer à 6 millions en 2013 et qu’actuellement, il n’y aurait plus que dans les 3 millions d’individus dans la nature. Selon le WWF, il y a 5 espèces de tortues qui sont endémiques et menacées aussi. On ne la retrouve plus que dans l’aire protégée de Tsimanampitsotsa et dans le Cap Sainte-Marie.

Ces dernières années, beaucoup de saisies de ces tortues ont été faites mais l’ampleur est si grande qu’il semble que cela est devenu un business très florissant dont le but est de ne pas se faire attrapé par la douane malgache. Il semble que « la viande de tortue est malheureusement très appréciée dans certaines parties du pays alors que les motifs rayonnés de sa carapace, et le fait que ce soit un animal rare, en font un objet de convoitise des collectionneurs du monde entier », rapporte le WWF. Elle est classée sur la liste rouge de l’IUCN comme « critiquement en danger » et fait partie de l’Annexe I de la Convention sur le Commerce International des Espèces Sauvages (CITES).

Application des sanctions

Le WWF ainsi que les autres organisations qui œuvrent dans la protection de l’environnement, demandent à ce que les sanctions pour les trafiquants soient d’abord appliquées et sévèrement renforcées. Il paraît que les sanctions par rapport à la possession, au transport, à la commercialisation de cette espèce vont de 4 à 20 ans de prison et les amendes de 100 à 400 millions d’ariary. Sont-elles vraiment appliquées ? Où devrions-nous s’attendre que le dernier mâle de cette espèce de tortue meure pour se réveiller ? Le WWF avance qu’il y a un réseau mafieux dans ce domaine car il semble difficile de rassembler 10 000 tortues du jour au lendemain. L’Etat au travers des départements ministériels concernés, devront se lancer dans la poursuite de cette mafia. Comme Sudan, le dernier mâle rhinocéros qui vient de mourir, les tortues peuvent subir le même sort et même si sa fille et sa petite fille sont encore en vie, ces deux femelles ne peuvent pas faire grand-chose.

 

 

Recueillis par Racl.R