Published On:14-May-18

Putsch et solution extraconstitutionnelle : Le retour du sinistre Norbert Ratsirahonana…

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La Grande île devra-t-elle s’attendre à une nouvelle ère de transition ? L’opposition a aligné comme négociateurs, des juristes connus pour leur désir d’un changement anticonstitutionnel et extraconstitutionnel… Le putschiste Andry Rajoelina a délégué son spécialiste des voies extraconstitutionnelles Norbert Ratsirahonana pour représenter et défendre ses intérêts.

 

Les spécialistes du changement anticonstitutionnel et des voies extraconstitutionnelles entre en jeu… On a appris que, dans la médiation initiée par les émissaires internationaux, l’ex-président de la Transition Andry Rajoelina et les députés putschistes du parvis de l’Hôtel de ville, se font représenter pour défendre leurs intérêts, respectivement Norbert Ratsirahonana, Christine Razanamahasoa et Hanitra Razafimanantsoa…

Norbert Ratsirahonana est le spécialiste de la trahison, des changements anticonstitutionnels et extraconstitutionnels. Dans cette crise politique, M. Ratsirahonana a osé trahir son président, Hery Rajaonarimampianina, pour servir les intérêts du putschiste Andry Rajoelina auprès des médiateurs internationaux.

A l’heure où nous mettons sous presse, Norbert Ratsirahonana figure toujours dans la liste des conseillers spéciaux du Président de la République Hery Rajaonarimampianina. Il a toujours son bureau au palais d’Ambohitsorohitra, bénéficie des avantages liés à ses fonctions tels que les émoluments, un véhicule de fonction, un chauffeur et des gardes du corps… Si Norbert Ratsirahonana ne partageait pas les idées et les orientations politiques du chef de l’Etat, pourquoi n’a-t-il pas eu l’honnêteté intellectuelle d’un homme de son rang de démissionner ?

Quoi qu’il en soit, l’ex-président de la Haute Cour Constitutionnelle et ancien chef de l’Etat par intérim, constitue toujours un danger pour la République et l’ordre constitutionnel. C’est grâce à son savoir-faire juridique qu’il a toujours manœuvré en coulisse pour perpétrer des coups d’Etat appuyés par des arguments juridiques. Déjà, l’ambitieux Norbert Ratsirahonana a tenté de s’imposer comme l’homme fort de la République en quittant ses fonctions de président de la HCC pour devenir Premier ministre en 1996.

Grâce à ses influences au sein de son ancienne institution, il obtient le titre de chef de l’Etat par intérim dès que les députés ont voté l’empêchement définitif de feu Albert Zafy de la présidence de la République. Dans son élan, il s’est présenté à la présidentielle mais s’est retrouvé devancé par Albert Zafy et Didier Ratsiraka. Tirant les enseignements de son échec électoral, Norbert Ratsirahonana a préféré mettre au plus offrant ses services spécialisés dans le changement anticonstitutionnel et extraconstitutionnel.

En 2002, Norbert Ratsirahonana s’est ingénié à défendre auprès de la communauté internationale le coup d’Etat du 22 février et du 6 mai 2002. Deux dates durant lesquelles Marc Ravalomanana a effectué un forcing pour s’arroger le titre et les fonctions de président de la République. A l’époque, Norbert Ratsirahonana a maîtrisé et verrouillé  le système judiciaire pour plomber le camp Ratsiraka et pour favoriser le camp Ravalomanana.

Obtenant le titre d’ambassadeur itinérant, Norbert Ratsirahonana a effectué la tournée des capitales africaines, européennes et américaines pour justifier le coup de force de Marc Ravalomanana. Et, c’est toujours avec la méthode qu’il s’est déployé à travers les capitales africaines et européennes en 2009, pour défendre les intérêts du jeune putschiste Andry Rajoelina… Il a tout mis en œuvre pour légaliser le putsch en initiant et sabordant des accords politiques (accord de Maputo, acte additionnel d’Addis-Abeba, …).

C’est toujours Norbert Ratsirahonana qui a rédigé la lettre de passation de pouvoir entre le directoire militaire d’Hippolyte Rarison Ramaroson à Andry Rajoelina, après que des jeunes officiers du CAPSAT aient arrêté et séquestré les généraux du directoire militaire. C’est toujours Norbert Ratsirahonana qui a arraché à la HCC la validation de ce coup d’Etat déguisé…

La dernière action destructrice de Norbert Ratsirahonana a été la candidature surprise d’Andry Rajoelina lors de la dernière présidentielle. Alors que l’ex-président de la Transition s’est engagé devant la Nation à renoncer à prétendre à la magistrature suprême en 2013, Norbert Ratsirahonana a réussi à le convaincre de revenir sur son engagement et déposé les dossiers de candidature d’Andry Rajoelina à la dernière minute auprès de la Cour électorale spéciale (CES) de l’époque. Résultat, le pays est de nouveau plongé dans une crise à laquelle la communauté internationale a dû peser de tout son poids pour contraindre Norbert Ratsirahonana et Andry Rajoelina à revenir sur leurs démarches hasardeuses…

A 79 ans, Norbert Ratsirahonana continue toujours d’être le trouble-fête et d’être la source des voies hasardeuses des pouvoirs de transition ayant mis le pays à terre. Si à cause de lui Madagascar continue sa chute dans le gouffre, lui et sa clique continuent d’amasser les fortunes… Pire, l’homme constitue un boulet pour Antananarivo puisqu’il donne une mauvaise image d’un Tananarivien putschiste ignorant et minimisant la voie des autres provinces.

 

 

 

Thierry R.