Published On:12-Oct-17

Prostitution des mineures-Tout un réseau

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La prostitution  gagne du terrain actuellement dans la capitale. C’est un phénomène difficile à éradiquer face à l’évolution de la technologie et les réseaux sociaux. Actuellement, cette activité intéresse beaucoup plus de jeunes de moins de 18 ans.

 

L’argent n’a pas d’odeur, c’est ce que disent les jeunes qui effectuent l’activité de prostitution actuellement.  La pauvreté et le chômage, deux raisons qui les poussent à se prostituer de nos jours. Rappelons que plus de 90% de la population malgache vivent actuellement sous le seuil de la pauvreté. En effet, la majorité des jeunes filles pratiquent ce sale métier afin de survivre face aux problèmes d’argent d’aujourd’hui. Notons que cette activité attire beaucoup plus de jeunes lycéennes, surtout dans le milieu urbain comme Antananarivo. Dans un autre cas, la prostitution n’est qu’une passion comme tant d’autres pour certains jeunes. C’est un moyen de compléter seulement leur argent de poche. Pour les jeunes filles qui vivent dans une extrême pauvreté, elles ne trouvent aucune explication. Elles n’ont pas le choix, selon le témoignage de Sylvia, une jeune fille de 16 ans vivant à Anosivavaka.

 

Pourquoi la prostitution ?

 

La réponse est simple, selon encore Sylvia. «  J’ai 3 frères et sœurs. Ma mère n’arrivait plus à subvenir  à notre besoin. Avec un père inconnu, j’étais obligé de réagir. Aucun métier ne me convient puisque j’ai quitté l’école très tôt. Je ne veux pas que mes frères et sœurs subissent la même chose que moi, c’est pour cela que je sacrifie mon corps pour eux ». Selon encore son témoignage, elle arrive à recevoir 4 à 5 clients par jour. En cas de besoin d’une forte somme d’argent, à l’occasion de la rentrée scolaire, un évènement familial ou des fêtes, elle est obligée de se rendre en ville le soir pour avoir plus d’argent. Notons qu’elle reçoit ses clients dans un endroit particulier qui se trouve à Anosivavaka, à quelques mètres de son foyer. La passe peut varier selon la durée de l’action, affirme-t-elle encore, elle peut avoir une somme de 3000 à 5000 Ar, une somme suffisante pour subvenir à leur besoin quotidien. Elle affirme par, ailleurs, qu’elle peut encore faire des économies puisque sa mère travaille et perçoit un salaire mensuel. En effet, sa mère est tout à fait d’accord avec ce qu’elle fait. Ainsi, les jeunes filles comme Sylvia sont nombreuses à entrer dans le métier dans l’intention d’en ressortir dès que leur situation financière s’améliore.

 

Le cybersexe

 

En effet, la plupart des travailleurs de sexe d’aujourd’hui ont moins de 20 ans et dans la majorité des cas, ce sont des jeunes filles lycéennes de milieux défavorisés. Mais on peut aussi déduire que c’est le résultat de l’exode rural dont la pauvreté a été l’élément clé. Mais ce n’est pas toujours le cas. Face à l’évolution de la technologie et les réseaux sociaux, la prostitution est devenue une source d’argent de poche des jeunes d’aujourd’hui. La mode, les high-tech, ainsi que divers besoins des jeunes nécessitant de l’argent sont les vraies raisons de la prostitution. Selon les explications, ces jeunes sont attirés par le luxe et l’élégance, d’où la propagation du cybersexe actuellement. En effet, un cybercafé sis à 67 ha en est la preuve. Ce cyber reçoit des jeunes mineures pour effectuer des vidéo calls ou des Skype, afin d’attirer des clients. C’est à travers ces connexions que les jeunes fixent leur rendez-vous avec un client. Il faut juste que la jeune fille se dénude devant la caméra pour convaincre le client. Et cela s’effectue entre 20 à 21 heures du soir, heure où il y a peu de clients dans ces endroits et où la connexion est meilleure.

 

A cela s’ajoute l’utilisation de Facebook comme moyen de communication. Il existe, par ailleurs, des groupes sur Facebook qui rassemblent toutes personnes qui s’intéressent au sexe et à la prostitution. Les membres pourraient être des clients, ou bien même les jeunes prostituées. On peut y voir toutes les formes de persuasion pour attirer des clients. Des vidéos pornographiques, des conseils sur la contraception, et tout ce qui concerne le sexe se trouvent également dans des groupes sur Facebook. Pour ces filles, elles peuvent avoir une somme de 150.000 Ar à 250.000 Ar pour un client. A noter qu’elles peuvent fixer 2 à 3 rendez-vous par jour sur Facebook.

 

Dans le centre-ville

 

La pratique de cette activité s’étend actuellement dans le centre-ville. Une activité qui ne s’effectue pas dans les rues, selon les explications, mais dans les bars, les salles de karaoké et les salons de massage. Pour les bars, notre interlocuteur a expliqué qu’il fallait juste remettre un numéro de téléphone au propriétaire du bar pour qu’il puisse contacter les filles en cas de demande. Encore, la majorité de ces bars en pleine ville possèdent une chambre de passe. A noter qu’une part de l’argent gagné doit être attribuée au propriétaire du bar. C’est la seule condition pour éviter les problèmes. A vrai dire, il ne s’agit pas de n’importe quel bar, mais ceux qui sont un peu aisés où les étrangers peuvent y aller. En effet, il existe des soi-disant « mpanera » dans ces bars. Ces gens-là ciblent les touristes et les étrangers comme clients. Ce sont eux qui proposent les mineures pour les escorter. Il y a  aussi les salles de karaoké qui sont également un endroit facile à dénicher des clients.

 

En plus de tout cela, les salons de massage sont également un endroit idéal pour ces jeunes pour cette activité. En effet, les annonces publiées dans les journaux ou dans les réseaux sociaux restent un grand problème. Ces journaux publient souvent des annonces irrésistibles, en décrivant tout aspect qui favorise le sexe chez la jeune fille. Notons que la majorité  de ces salons utilisent souvent des mineures pour effectuer ce sale métier. Le problème c’est que les jeunes filles ne reçoivent qu’une petite part tandis que ce sont toujours les propriétaires de l’endroit qui gagnent le gros lot.

 

Tout cela pour dire que le phénomène de la prostitution est difficile à éradiquer dans un pays comme Madagascar.

 

Nampoina R.