Published On:09-Jun-17

Lutte de mauvaise foi

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Le SMM n’a pas fini d’étonner et même de choquer la population par les décisions qu’il prend et les actions qu’il entreprend. Depuis hier et jusqu’à aujourd’hui, tous les tribunaux sur le territoire national sont fermés sur la décision sans consultation des cadors du SMM, et notamment de son leader. Résultats : des centaines d’affaires en attente d’un jugement ont été reportées et des dizaines de bandits interpellés ou de prisonniers ont été refoulés à l’entrée des Tribunaux. Au vue de cette situation, la population peut être sûre que les responsables au niveau de ces instances juridiques seront certainement débordés par le nombre de dossiers accumulés en 48 heures ouvrables. Au départ, si le SMM avait prévenu d’une grève en signe de protestation aux ingérences de l’Etat dans la justice, les magistrats sont revenus sur leurs mots en rectifiant le tir, et en annonçant un mouvement d’indignation. Autrement dit, ces magistrats ne sont pas en grève, ils ont juste décidé de rester chez eux au lieu de se trouver sur leur lieu de travail, et ont ainsi volontairement bloqué tout l’appareil judiciaire aux dépens des citoyens. A ce stade, il ne s’agit plus d’une mascarade mais plus précisément d’une guerre personnelle contre les détenteurs du pouvoir dont l’origine est l’affaire Claudine. Le Syndicat des magistrats cherche visiblement tous les moyens possibles pour pousser la population à bout afin que celle-ci se soulève contre les actuels dirigeants. Dans ce dessein, les magistrats sont même prêts à transgresser la loi, plus précisément l’article 3 de l’ordonnance n°2005-005 du 22 mars 2006, portant loi organique relative au statut de la magistrature soulignant clairement que « toute manifestation d’hostilité aux principes et à la forme républicaine de l’Etat est interdite aux magistrats, de même que toute démonstration de nature politique incompatible avec les obligations de réserve que leur imposent leurs fonctions ». A l’heure actuelle, les magistrats n’agissent pas en leur faveur dans la mesure où la justice est déjà étiquetée comme l’une des filières les plus corrompues à Madagascar. Par ailleurs, l’acharnement des magistrats sur l’Etat est de mauvaise foi au vue des autres dossiers prioritaires déjà activés ou réactivés, mais très vite oubliés par le SMM. Dans le contexte actuel, pour avoir été grandi dans un quartier chaud de la capitale, pour être devenue la première femme à la tête du syndicat, le président du SMM n’abandonnera certainement pas facilement cette guerre qu’elle a entamée. Toutefois, la population doit savoir qu’à aucun moment, cette lutte ne sert réellement les intérêts communs mais plutôt les intérêts particuliers de quelques membres du SMM, comme le témoigne le carrosse tout neuf à 700 millions de sa présidente. Par ailleurs, pour des magistrats qui gagnent déjà bien leur vie et jouissant de plusieurs avantages, leur attitude n’est tout simplement pas digne de confiance et dissimule une dangereuse mauvaise foi.

 

Laza Marovola