Published On:12-May-18

Jirama : Des poursuites contre M. Ravatomanga, examinées à Paris

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L’étau se resserre en effet autour du multimilliardaire Mamy Ravatomanga. En plus des enquêtes diligentées par les redoutés magistrats du Parquet financier français pour enrichissement illicite, selon L’Express.fr, la société nationale Jirama envisage également de poursuivre le multimilliardaire, ami et proche d’Andry Rajoelina.

 

L’affaire Mamy Ravatomanga continue de faire son bonhomme de chemin. Cela fait deux ans que la brigade financière de Nanterre et le Parquet financier de Paris enquêtent sur les biens mal acquis de l’ami et proche de l’ex-président de la Transition Andry Rajoelina… En plus de cette enquête, L’Express.fr a aussi révélé dans sa dernière publication que la société nationale d’Eau et électricité, Jirama, envisage de s’attaquer à l’ex-baron de la Transition.

Selon l’hebdomadaire français, la société Jirama a déjà pris contact avec l’avocat parisien William Bourdon pour examiner toutes les options judiciaires possibles à entreprendre contre Mamy Ravatomanga. En avril 2015, le Bianco a déjà lancé une enquête sur de l’argent perçu par une société fictive de Mamy Ravatomanga de la part de la Jirama, en paiement d’activités douteuses. Le dossier est depuis en instruction au niveau de la Justice… Pour cette affaire, voici la chronologie durant laquelle Mamy Ravatomanga a perçu illégalement 3.750.444.789 ariary (18.752.223.945 FMG) pour des travaux fictifs en avril 2014.

Le contrat ayant lié la société d’Etat Jirama et Hydelec, en matière de fourniture d’énergie, a pris fin en 2010. Il n’a pas été renouvelé par la société d’Etat… La société Hydelec, dont la maison-mère est située à Maurice, démonte ses 9 groupes et les transfère à Ambohibao en attendant leur embarquement vers l’île sœur. Croyant avoir affaire avec l’Etat malgache, la société propriétaire des neuf groupes a cédé ces générateurs…

En 2012, les neuf groupes sont ramenés à Ambohimanambola et réinstallés. Si les employés de l’Hydelec ont entrepris la réinstallation, ce sont le personnel de la Jirama qui s’est assuré de l’exploitation et de l’entretien… L’exploitation n’a réellement commencé qu’en octobre 2013 puisque celle du central thermique d’Ambohimanambola revenait encore à Hydelec jusqu’en octobre 2013.

Si, dans tous les rapports de la société d’Etat 2012 – 2013, le site d’Ambohimanambola est dénommé « Ex-hydelec », la société Madagascar Utilities n’est apparue qu’en avril 2014, avec la conclusion d’un contrat d’exploitation avec la Jirama. Mais, dès le mois de février 2014, cette société Madagascar Utilities a réclamé le paiement des prestations de service pour la période 2012 - 2013. Et, les paiements de 3.750.444.789 ariary (18.752.223.945 FMG) pour les prestations de service 2012 - 2013 ont été effectués deux mois plus tard… Or, il faut noter que le contrat liant Madagascar utilities à Jirama spécifie bien que le contrat ne rétroagit qu’à compter de janvier 2014.

Chose étrange, la société nationale d’Eau et électricité a toujours soutenu qu’aucun contrat ne régit le site d’Ambohimanambola depuis le départ d’Hydelec… En même temps, la société Madagascar utilities Maurice nie avoir obtenu de marché de la Jirama. La seule transaction existante au profit de Madagascar Uilitities Maurice, demeure le prix d’achat résultant d’une vente sous seing privé entre cette société et la maison-mère d’Hydelec, Energy Engeneering Investisment (EEI).

Depuis, tous les paiements effectués par la Jirama atterrissent et ne font que transiter dans un compte bancaire de la société de droit malgache Madagascar Utilities SARLU, ayant pour gérant un associé de Mamy Ravatomanga dans le Groupe SODIAT. L’argent atterrit finalement dans les comptes bancaires de MMP/BTP qui n’a aucun lien avec Madagascar Utilities Maurice, mais qui est affilié au Groupe SODIAT dont le propriétaire est un protégé de l’ex-président de la Transition Andry Rajoelina.

Les documents apparus sur cette affaire, tels que les deux procurations émises pour la constitution d’une filiale dénommée Madagascar Utilities SARLU et l’ouverture d’une compte bancaire, se sont avérés faux… Les sociétés Madagascar Utilities LTD Maurice et Madagascar Utilities SARLU s’avèrent donc être deux sociétés bien distinctes mais la première a été créée pour soutirer de l’argent au détriment de la seconde. Le Groupe SODIAT s’est même permis de répondre à la place de la société mauricienne lorsque l’EEI (maison-mère de l’Hydelec) a voulu réclamé le paiement de la moitié du prix des huit groupes électrogènes.

Pour être capable de monter un tel stratagème pour percevoir de l’argent illicitement, il faut avoir les bras longs. Et, il ne faut pas oublier que le puissant Mamy Ravatomanga a siégé en tant qu’administrateur de la société Jirama entre 2009 et 2014… De par sa position, il a pu accéder facilement à toutes les informations et aux services nécessaires à la mise en œuvre de son hold-up.

 

 

 

 

Thierry R.