Published On:10-Oct-17

Impayés de TIKO Group-Ingérence américaine…

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La société TIKO, dont Marc Ravalomanana est le PDG, doit encore au fisc 120 milliards ariary (600 milliards FMG) et 4 milliards ariary (20 milliards FMG) à la société nationale JIRAMA. Malgré les contacts et les négociations entre l’Etat et la société, Marc Ravalomanana continue de chercher les moyens pour manquer à ses obligations en tant que contribuable et vis-à-vis de ses fournisseurs. Et par ses actions, l’Etat est contraint de prendre des mesures… Etrangement, l’ambassadeur des Etats-Unis à Antananarivo vient à la rescousse de l’ancien président déchu.

 

 

 

On a appris que l’ambassadeur des Etats-Unis, Robert Yamate, est intervenu auprès des autorités malgaches pour plaider la cause de Marc Ravalomanana et de sa société TIKO Group. Effectivement, si l’Etat sera contraint de se prononcer pour la fermeture de la société familiale de Marc Ravalomanana pour défaut de paiement d’impôts et taxes diverses, la JIRAMA doit couper la fourniture en eau de la société pour défaut de paiement d’un arriéré de 4 milliards ariary (20 milliards FMG). L’ambassadeur américain veut donc empêcher cette société de fermer ses portes…

 

En tout cas, l’intervention de ce diplomate étonne plus d’un observateur puisqu’il s’agit purement et simplement d’une ingérence dans les affaires intérieures du pays. D’abord, Marc Ravalomanana n’est pas un ressortissant américain et sa société TIKO n’abrite pas des intérêts de l’Oncle Sam. La mission de l’ambassadeur et de l’ambassade américaine à Madagascar est de représenter son pays auprès des autorités malgaches et de défendre les intérêts de leur pays et de leurs ressortissants. Jusqu’à preuve du contraire, le couple Ravalomanana n’a pas la nationalité américaine.

 

Pourquoi un diplomate aussi important que l’ambassadeur américain ose-t-il prendre la défense d’un évadé fiscal ? Au nom de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit prônés par les Etats-Unis à travers le monde, l’ambassade américaine devrait être la première à appeler les citoyens malgaches à honorer leurs devoirs de citoyen en s’acquittant des obligations fiscales et de obligations vis-à-vis des fournisseurs.

 

A cause des arriérés de TIKO auprès du fisc, Marc Ravalomanana a toujours cherché les moyens pour se soustraire de ces obligations. Il a, dans un premier temps, voulu déduire auprès de l’Etat des éventuels dommages et intérêts obtenus à l’issue d’un processus de réconciliation encore hypothétique pour l’heure. Et, ensuite d’ouvrir sa société… Comme la démarche n’est pas prête d’aboutir, le laitier d’Imerinkasinina a créé de toutes pièces une société de façade AAA pour exploiter à la place de TIKO les unités de production d’Antsirabe ainsi que les chaînes de distribution Magro. Et ce, pour la production et la distribution des produits de TIKO.

 

Comment peut-on accepter que le fisc lance une procédure de redressement fiscal à des petits commerçants du marché d’Anosibe et laisser Marc Ravalomanana opérer sans payer ni impôt ni taxe ? S’il veut relancer l’économie nationale, il doit participer au partage des richesses à travers les différentes formes d’impôts et de taxes qu’il doit à l’Etat.

 

 

 

M. Ravalomanana et TIKO ont besoin de la puissance publique

 

N’oublions pas qu’un conseiller de l’ambassade américaine a déjà dénoncé Marc Ravalomanana, alors président de la République en exercice en 2008, sur la confusion entre l’argent public et ses avoirs privés. Pour rendre effective la bonne gouvernance, ce diplomate a interpellé l’ex-président de céder à des tierces personnes ses actions au sein de la société TIKO.

 

Pour preuve, pour les besoins croissants de son entreprise agroalimentaire spécialisée dans les produits laitiers, Marc Ravalomanana en tant président de la République a détourné plusieurs milliards d’ariary dans le budget du ministère de la Défense nationale. Il s’agissait à l’époque d’une partie de ce budget destinée à l’acquisition d’équipements militaires mais qui était alors allouée à l’achat à la Nouvelle Zélande de vaches laitières, le fameux Holstein.

 

Et, il a aussi lancé la même opération en favorisant l’obtention du soutien des sociétés financières étatiques comme FIARO et SONAPAR dans la production et la commercialisation de riz avec Fanampy Rice Meal de Vodihala, sur la route d’Ambatondrazaka. Les dirigeants de FIARO et de SOMAPAR n’avaient-ils pas subi les foudres de Marc Ravalomanana si les deux sociétés financières n’avaient pas concouru dans la réalisation ce projet de l’ex-prsident ?

 

Et pour aller plus loin, TIKO a obtenu de Norbert Ratsirahonana, président par intérim suite à la destitution d’Albert Zafy, une exonération de droit de douanes pour tous les produits importés entre 1996 et 2009. En contrepartie, son PDG Marc Ravalomanana a mis la main dans la poche pour financer la campagne du candidat Ratsirahonana, en novembre 1996.

 

Et l’ultime preuve dénonçant sa mauvaise gouvernance a été la décision du FMI, de la Banque mondiale et de l’Union européenne de suspendre leurs appuis et autres coopérations avec Madagascar dès l’année 2008. En fait, les missions d’évaluation effectuées par ces bailleurs traditionnels et potentiels du pays ont permis de constater la mauvaise gestion des finances publiques et la confusion entre l’argent de la famille Ravalomanana et celui de l’Etat notamment, sur l’achat de l’avion présidentiel au prix 60 millions de dollars.

 

En voulant à nouveau prendre la défense de Marc Ravalomanana, l’ambassade américaine n’entre-t-elle pas en contradiction ? Ou, est-ce une position dictée par des besoins purement politiques ? Quel qu’il en soit, c’est de l’ingérence !

 

Thierry R.