Published On:16-May-18

Députés de l’opposition : Poursuivis pour diffamation et propagation de fausses nouvelles

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Décidément, il y aura peu de chance à ce que les députés de l’opposition qui ont initié le mouvement de contestation sur la place du 13 Mai, s’en sortent indemnes. Mis à part de probables poursuites pour trouble à l’ordre publique et exaction dans les ministères et institutions étatiques, ils s’exposent aussi à d’autres poursuites pour diffamation et propagation de fausses nouvelles.

Des avocats défendant les intérêts de la Présidence de la République et d’autres défendant ceux du Sénat ont formellement déposé des plaintes auprès du Parquet d’Antananarivo hier. Les premiers pour diffamation, les seconds pour entrée par effraction et menace. D’après ce qu’on a compris des explications de Me Tantely Rakotonirina, avocat de la Présidence, les propos du député d’Ifanadiana sur la place du 13 Mai le week-end d’avant, ne sont pas du tout fondés et donc purement diffamatoires. Le député Lova Narivelo Razafindrafito, dit Popil, pour rappel, avait fait un soi-disant déballage sur la place du 13 Mai. Il avait dit que le Président de la République en personne l’avait contacté par téléphone le 30 mars dernier entre midi et 14h pour lui proposer un milliard de franc en échange de sa voix pour le vote des lois électorales.

Apparemment, le député Popil d’Ifanadiana n’est qu’un « mythomane ». Il n’y avait eu rien de cela. La Présidence, de la sorte, a décidé de porter plainte pour diffamation et propagation de fausse nouvelle. Pour ce qui est de la plainte du Sénat, ce serait en rapport avec le forcing des députés de l’opposition qui ont pris d’assaut le Sénat lors des « tournées de ministère ». D’après ce qu’on a compris des explications de l’avocat du Sénat, Me Tantely Ramaroson, le Sénat a porté plainte pour entrée par effraction et menace. C’est pour ainsi dire que les charges qui pèsent sur ces députés de l’opposition, s’empilent.

Levée d’immunité

Pour rappel, trois de ces députés de l’opposition font déjà l’objet de plainte auprès de la Chambre correctionnelle d’Antananarivo pour ces mêmes charges : entrée par effraction, menace et séquestration. La députée Hanitra du 1er arrondissement avec Hery Rasoamaromaka et deux autres députés, d’après le Sénateur Olivier Rakotovazaha, ont forcé son bureau d’Ampefiloha, puis l’ont séquestré dans les lieux par la suite.

Ainsi donc, les plaintes auprès du Parquet du Tribunal de première instance d’Antananarivo contre ces députés de l’opposition s’accumulent. Il peut être sûr que d’autres plaintes émanant cette fois-ci des ministères vont s’ajouter à ces plaintes du Sénat et de la Présidence. En tout cas, le tribunal de première instance est compétent pour connaître ces affaires. Les députés n’ont pas le statut de chef d’institution et peuvent être poursuivis par le tribunal ordinaire. Reste à savoir si le Bureau permanent de l’Assemblée nationale décidera ou pas de lever l’immunité de ces députés. Autrement, il faudrait attendre la fin de mandat au 5 février de l’année prochaine.

 

 

 M.Tsiferana.